Cela fait un mois et demi que je suis ici à l’Université de Moncton et que j’y suis des cours.
Trois des cours que j’ai choisi sont des cours à options et les deux autres obligatoires pour les étudiants d’ici (dont un en mécanique). J’essaie de discuter avec d’autres étudiants en génie pour savoir comment cela se passe chez eux dans leurs cours.
Globalement, le mode de fonctionnement d’un cours est le suivant :
Toutes les semaines, le professeur donne un devoir à remettre pour la semaine d’après. Ce devoir est corrigé et coté. L’ensemble des devoirs vaut pour 20 à 40% de la note finale. Ce n’est pas toujours le professeur qui corrige lui-même les copies. Il donne le corriger à un étudiant qui va corriger pour lui. Le professeur peut également faire appel à un étudiant en Français pour l’aspect linguistique. J’y reviens après
À cela, on rajoute en fonction des cours, un projet qui s’étale sur toute l’année. Le projet est lié au cours. Le professeur demande toutes les semaines ou les 2 semaines aux étudiants d’avancer dans le projet en mettant des balises, des objectifs. Cela compte également pour la note finale.
En plus de ça, on rajoute les tests au cours du semestre. Il peut y en avoir de 1 à 3. Ils doivent être annoncé au moins 2 semaines à l’avance ainsi que la matière. Pour mes cours, on est plus tolérant vis-à-vis de la matière. Chaque test compte pour la note finale, évidemment. La matière est en général un ensemble de chapitres alors que les devoirs sont plus liés à ce qui a été fait durant la semaine, indépendamment des chapitres.
Finalement, en fin de quadrimestre (qu’ils aiment appeler semestre), il y a un examen final. Contrairement à chez nous, il n’y a que 2 jours d’études et 2 semaines d’examen (contre 2 semaines d’études et 3 semaines d’examens). Cela s’explique par le nombre de cours et tout le drill que les étudiants ont eu pendant l’année.
Tout est écrit. Un examen oral impliquerait presque d’office des questions différentes entre deux étudiants, ce qui n’est pas équitable, parait-il.
On n’utilise pas la plume (stylo à encre ou bic) pour les travaux mais le crayon. Cela permet de gommer plus de fois qu’avec la plume.
Plus haut, j’ai parlé de l’aspect français. Même si l’université est francophone, la plupart des étudiants sont loin de maîtriser la langue. Ils ont donc au moins deux cours de français dans leur cursus. Cela peut monter jusque quatre, me semble-t-il, voire cinq.
Dans tous les cours, les professeurs peuvent corriger le français. On prend une tranche de 400 mots et on comptabilise les fautes. Une faute de grammaire ou de syntaxe ou une impropriété (anglicisme, vocabulaire mal utilisé ou inexistant, …) compte pour 1 point tandis qu’une incompréhension totale vaut 2 points.
Quand on a calculé le nombre de points, on peut calculer les pénalités. En fonction de si on a droit au dictionnaire et à la grammaire ou si le temps est limité ou libre, les barèmes de pénalités sont différents. Exemple :
Travail sans contrainte de temps, documentation permise :
- Total de 4 à 7 points : réduction d’une demi-coté (ex. la note passe de B à C+)
- Total de 8 points et plus : réduction d’une pleine cote (ex. la note passe de B à C).
Certains professeurs rajoutent des pénalités en cas de retard.
Je viens de parler de B, C+ et C. Mais cela représente quoi ? Alors chaque professeur définit son barème de cotation. Je vais prendre l’exemple sur le cours de revêtement routier.
Pour avoir A+, il faut avoir plus de 92%. Pour A, il faut avoir entre 89 et 92. Pour A-, entre 86 et 89. Pour B+, entre 83 et 86. Pour B, entre 80 et 83. Pour B-, entre 77 et 80. Pour C+, entre 74 et 77. Pour C, entre 71 et 74. Pour C-, entre 68 et 71. Pour D+, entre 65 et 68. Pour D, entre 60 et 65. Pour E (raté), moins de 60.
Après ça, ils ont un système complexe. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Quand on a toutes les côtes lettrés, on attribue des points à chaque côte sur un barème de 4,3. Et là, ils refont une moyenne sur une base de 4,3. C’est cela qui est la référence chez eux pour classer les étudiants. L’université de Montréal explique ce système de notation.
Avoir le A ou le A+ n’est pas impossible. Certains visent une moyenne sur leur baccalauréat d’au moins A-.
Dernière chose : les cours utilisent un livre de référence. En général, et pour mes cours en tout cas, le cours suit de très près le livre. C’est assez simple : le professeur tire ses questions de devoirs du livre, le chapitrage est identique, le sous-chapitrage également; le professeur rentre moins dans les détails que ce que le livre propose.
Maintenant, quel est mon avis là-dessus ?
Pour ma part, les cours ont un côté plus facile. On est fortement assisté : le cours, le livre, les prises de notes, les devoirs, les test intermédiaires et l’examen final. Ce sont les professeurs qui nous donnent le cadre de travail. Les étudiants ne l’apprennent pas vraiment comme chez nous. Du fait de la répétition, l’étude est moins difficile car chaque semaine, on emmagasine via les devoirs. Les tests nous font revoir les cours et l’examen doit n’être qu’une formalité. N’oublions pas qu’ils ont moins de cours que nous.
En même temps, je ne suis pas le mieux placé pour donner mon avis étant donné que je n’ai pas des cours de base comme béton armé, structures métalliques, … Je n’ai que des cours de dernière année.